Vincent Vidal

Vincent Vidal

Fondateur de GEO Monitor · Expert SEO & Head of Data chez AdPremier

Publié le 14 septembre 2026 Lecture : 8 min

Faut-il arrêter de suivre Perplexity ? Mon avis, chiffres à l'appui

Un poste LinkedIn signé par le patron d'une agence américaine réputée a relancé un débat que beaucoup d'entre vous se posent en silence : à quoi bon suivre Perplexity dans un tableau de bord GEO, si sa part continue de fondre ? J'ai regardé les chiffres de près, y compris ceux qui concernent spécifiquement la France, et ma réponse n'est pas celle qu'on lit le plus en ce moment.

Balance ancienne en laiton posée sur un bureau, avec des jetons colorés sur chaque plateau et un carnet de graphiques à côté

Mise à jour du 16 septembre 2026

Deux jours après la publication de ce billet, nous avons retiré Perplexity des IA analysées par GEO Monitor. Ce n'est pas l'argument de part de marché qui nous a fait changer d'avis, l'analyse ci-dessous reste la nôtre sur ce point : c'est une raison technique. Depuis fin août, l'interface de Perplexity bloque nos relevés derrière un mur d'inscription, au point de rendre les mesures inexploitables et de ralentir l'analyse quotidienne des autres IA. Mieux vaut ne pas mesurer du tout que publier un chiffre auquel on ne peut pas se fier. GEO Monitor suit désormais ChatGPT, Claude, Gemini, Copilot et Google AI Overview. Vos données Perplexity passées restent consultables dans votre historique.

Une phrase qui a fait le tour du LinkedIn du search marketing

Début septembre, Ross Hudgens, cofondateur et dirigeant de l'agence américaine Siege Media, a publié sur LinkedIn une prise de position tranchée, rapportée le 9 septembre 2026 par Greg Jarboe dans Search Engine Journal : la part de Perplexity dans le trafic envoyé aux sites web s'effondre, et la maintenir dans un outil de suivi GEO au même niveau que ChatGPT, Gemini ou Claude fausse la lecture de la visibilité réelle d'une marque.

« Everyone should remove Perplexity from their LLM trackers today. »

Ross Hudgens, CEO de Siege Media, cité par Search Engine Journal (9 septembre 2026)

L'argument n'est pas absurde. Si un outil calcule votre score de visibilité en donnant le même poids à quatre IA suivies, et que l'une d'elles ne représente plus qu'une fraction marginale des recherches réelles de vos clients, un excellent score sur cette IA peut artificiellement gonfler votre moyenne, ou à l'inverse un mauvais score peut la plomber sans rapport avec votre visibilité réelle. C'est un vrai problème de méthode. La question est de savoir si la solution est de retirer Perplexity, ou de changer la façon dont on le compte.

Les chiffres mondiaux : Perplexity recule, Gemini grimpe

Sur le fond, les données mondiales donnent raison à Ross Hudgens. StatCounter, qui mesure la part de chaque IA dans les visites qu'elle envoie vers des sites tiers à partir d'un panel de plus de 3 milliards de pages vues par mois sur plus d'un million de sites, a publié une trajectoire nette pour Perplexity : 7,07 % en mars 2026, 7,73 % en avril, puis un quasi-plateau à 7,91 % en juin, avant une chute à 4,31 % en août. Sur la même période, Gemini est passé de 8,65 % en mars à 10,9 % en août, dépassant nettement Perplexity au passage.

Une autre source, Similarweb, mesure une réalité différente en mai 2026 : la part des visites reçues par chaque assistant IA lui-même (et non le trafic qu'il redirige ensuite vers d'autres sites). Sur cette mesure, ChatGPT domine avec 53,9 %, Gemini suit à 27,9 %, Claude à 9,2 %, et Perplexity ferme la marche à 1,3 %, à égalité avec Copilot. Les deux méthodologies ne mesurent pas la même chose, mais elles racontent la même tendance : à l'échelle mondiale, Perplexity pèse de moins en moins face à ChatGPT et Gemini.

4,31 %part de Perplexitydans le mondeaoût 2026 (StatCounter)8,82 %part de Perplexityen Francejanv.-avril 2026 (SE Ranking)x2c'est l'écartFrance / mondesur cette même période
La part de Perplexity dans les référents IA reste presque deux fois plus élevée en France qu'au niveau mondial (sources : StatCounter, SE Ranking).

Le chiffre que le débat américain oublie : la France

Le poste de Ross Hudgens, comme la plupart des commentaires qui ont suivi, s'appuie sur des données mondiales, très majoritairement tirées des usages américains. Or une étude publiée le 21 juin 2026 par SE Ranking, construite à partir de l'intégration GA4 de 101 574 sites web sur seize mois (janvier 2025 à avril 2026), donne une photographie différente pour la France : la part de Perplexity dans les référents IA y est passée de 10,34 % en 2025 à 8,82 % sur les quatre premiers mois de 2026. Un recul, certes, mais d'environ 1,5 point, loin de l'effondrement mesuré au niveau mondial sur la même fenêtre.

Sur cette même étude française, Gemini progresse fortement (de 2,51 % à 6,30 %) et Claude aussi (de 1,05 % à 3,01 %), un mouvement cohérent avec la tendance mondiale. Mais Perplexity, en France, reste devant Gemini et devant Claude, avec une part environ deux fois supérieure à sa part mondiale d'août 2026. Autrement dit : la bascule que subit Perplexity ailleurs dans le monde ne s'observe pas avec la même intensité chez nous, du moins avec les dernières données disponibles.

Un score de visibilité peut mentir sans que les chiffres soient faux

Je rejoins Greg Jarboe sur un point précis de sa réponse à Ross Hudgens : la bonne réaction n'est pas de retirer purement et simplement Perplexity, mais d'arrêter de le traiter à égalité avec les IA qui pèsent structurellement plus lourd. Dans son article, Jarboe propose de classer les IA suivies en plusieurs niveaux d'importance plutôt qu'en tout ou rien, et range Perplexity dans un niveau « à surveiller sans lui donner le même poids », plutôt que dans la corbeille.

C'est exactement ce qui distingue ce débat de celui que nous avons tranché en août dernier, quand GEO Monitor a remplacé DeepSeek par Microsoft Copilot parmi les IA suivies par défaut. DeepSeek pesait alors 0,01 % des référents IA dans le monde : un niveau si proche de zéro qu'aucune pondération ne le sauvait, la suppression pure et simple était la bonne décision. Perplexity, même dans son pire mois mesuré à ce jour, en pèse quatre cents fois plus au niveau mondial, et près de neuf cents fois plus en France. Ce n'est pas la même situation, et ça ne mérite pas la même réponse.

Ma position : ne pas exclure, mais arrêter l'égalité de poids

Je propose une règle simple, qui n'engage que moi et que je livre volontiers à la critique : en dessous de 2 % de vos référents IA réels, une IA mérite un œil distrait plutôt qu'un traitement à part entière. Entre 2 et 5 %, gardez-la dans votre radar, mais sans lui accorder le même poids qu'à ChatGPT ou Google. Au-dessus de 5 %, elle a gagné sa place à égalité avec les autres.

Sur cette grille, Perplexity se classe très différemment selon où vous vendez : à 4,31 % au niveau mondial, elle tombe dans la zone « à surveiller sans pondération pleine ». À 8,82 % en France, elle reste largement dans la zone « traitement à égalité ». Une marque française qui suit le conseil de Ross Hudgens à la lettre, sur la seule foi des chiffres américains, risque donc de couper un canal qui compte encore sensiblement chez ses propres clients.

0-2 %œil distrait2-5 %poids réduit5 % et plustraitement à égalitéMonde4,31 %France8,82 %
Grille de pondération personnelle appliquée à Perplexity selon le marché observé : deux positions très différentes sur la même échelle.

Cette grille reste volontairement approximative : elle ne remplace pas une mesure propre à votre marque. Le seul chiffre qui compte vraiment n'est ni la moyenne mondiale, ni la moyenne française, mais la part réelle que Perplexity représente dans les visites que les IA envoient sur votre site, mois après mois. C'est une donnée que beaucoup d'équipes marketing n'ont tout simplement jamais regardée, faute d'outil qui la fasse remonter proprement depuis Google Analytics 4.

Ce que je vais surveiller dans les prochains mois

Les chiffres mensuels de StatCounter bougent vite : Gemini était à 7,94 % en juin, quasiment à égalité avec Perplexity, avant de grimper à 10,9 % deux mois plus tard. Un seul mois de recul ne fait jamais une tendance solide, dans un sens comme dans l'autre. Je regarderai avec attention la prochaine publication de SE Ranking sur le marché français, pour voir si l'écart entre la France et le monde se resserre ou se maintient, et je suivrai aussi la part de Perplexity dans le trafic IA réel de nos propres clients GEO Monitor, tous secteurs confondus.

Si ce chiffre français devait un jour rejoindre le niveau mondial, la recommandation changerait avec lui : ce billet n'est pas un plaidoyer éternel pour Perplexity, c'est un plaidoyer pour mesurer avant de trancher, plutôt que d'appliquer mécaniquement une consigne pensée pour un autre marché.

Sources

Vincent Vidal

À propos de l'auteur

Vincent Vidal

Fondateur de GEO Monitor · Expert SEO & Head of Data chez AdPremier

Vincent Vidal est le fondateur de GEO Monitor, expert SEO et Head of Data au sein de l'agence AdPremier. Au quotidien, il accompagne des marques sur leur référencement naturel, leur data marketing et leur visibilité dans les moteurs de recherche et les IA génératives (ChatGPT, Gemini, Perplexity, Google AI Overview). GEO Monitor est né de ce terrain : mesurer chaque jour, sur de vraies requêtes, comment les IA parlent des marques.

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