Vincent Vidal

Vincent Vidal

Fondateur de GEO Monitor · Expert SEO & Head of Data chez AdPremier

Publié le 12 octobre 2026 Lecture : 9 min

Comment ChatGPT choisit les marques qu'il recommande : 6 idées reçues passées au crible

« Pourquoi ChatGPT parle-t-il sans arrêt de mon concurrent et jamais de ma marque ? » Cette question revient presque mot pour mot dans les échanges entre équipes marketing et agences GEO depuis que la recherche web de ChatGPT s'est généralisée. Et autour d'elle circule une bonne demi-douzaine de croyances, parfois contradictoires : que ChatGPT ne ferait que recopier Google, qu'il faudrait déjà un site très visible pour espérer être cité, ou au contraire qu'aucun contenu récent n'aurait la moindre chance face à Wikipédia.

Vue en plongée d'un bureau en bois avec des pages imprimées surlignées en jaune et rose, une loupe posée sur le texte, un carnet ouvert avec des schémas manuscrits et un ordinateur portable affichant une interface de conversation floutée

Avant de les démonter une à une, un point de départ s'impose : si vous n'avez pas encore vérifié où en est votre propre marque, commencez par le test en 15 minutes que nous avons détaillé ici, qui complète notre guide complet pour apparaître dans ChatGPT. Une fois ce constat posé, reste la question du pourquoi : comment ChatGPT choisit-il réellement ses sources ? Nous avons confronté six affirmations largement répandues aux seules données disponibles : la documentation officielle d'OpenAI et deux études Ahrefs menées sur des dizaines de milliers de citations.

« ChatGPT recopie simplement le classement Google »

Faux

On pourrait s'attendre à ce que ChatGPT se contente de reprendre les pages les mieux classées sur Google, une sorte de résumé automatique de la première page de résultats. Les chiffres disent le contraire. Dans une étude publiée le 11 août 2025, Ahrefs a comparé, sur 15 000 requêtes longue traîne, les pages citées par quatre assistants (ChatGPT, Gemini, Copilot, Perplexity) aux classements Google et Bing pour ces mêmes requêtes. Résultat : les citations en texte de ChatGPT ne recoupent le top 10 de Google que dans 8,0 % des cas, et le top 10 de Bing dans 8,1 % des cas à peine. En moyenne sur les quatre assistants étudiés, le recoupement plafonne autour de 12 % avec Google et 10 % avec Bing (Perplexity fait figure d'exception, avec 28,6 % de recoupement côté Google). Être numéro un sur une requête ne garantit donc à peu près rien dans ChatGPT : le modèle pioche dans un ensemble de pages largement différent de la page de résultats classique, même lorsqu'il s'appuie, comme le documente OpenAI, sur des fournisseurs de recherche tiers dont Bing.

« Il faut déjà un site qui fait beaucoup de trafic SEO pour espérer être cité »

Faux

C'est l'idée la plus répandue chez les équipes qui découvrent le GEO : sans un bon classement Google et un trafic organique conséquent, inutile d'espérer une citation. Ahrefs a testé cette hypothèse en analysant les 1 000 pages les plus citées par ChatGPT, sur un export réalisé en septembre 2025 et publié le 28 octobre de la même année. Résultat surprenant : 283 de ces 1 000 pages, soit 28,3 %, n'ont strictement aucun mot-clé organique dans l'outil de suivi utilisé par Ahrefs. Autrement dit, plus d'une page citée sur quatre n'existe quasiment pas dans le paysage SEO classique. Cela ne veut pas dire que le travail de contenu ne sert à rien : comme le montrent les idées reçues suivantes, ce sont surtout l'autorité du domaine et la fraîcheur de la page qui comptent, bien plus que son positionnement actuel sur une requête donnée.

28,3 %des pages citées n'ont aucunmot-clé organique propreDR 90Domain Rating médian despages retrouvées en recherche65,3 %des pages citées ont un DRde 81 ou plus60,5 %des pages datées ont étépubliées il y a moins de 2 ans
Les 1 000 pages les plus citées par ChatGPT, analysées par Ahrefs (export de septembre 2025, publié le 28 octobre 2025).

« Wikipédia et les grands sites de référence écrasent toute chance pour une marque »

Nuancé

Sur ce point, les chiffres donnent largement raison à l'intuition, sans la confirmer tout à fait. Dans son étude sur le top 1 000 des citations ChatGPT, Ahrefs classe les pages par type de contenu : Wikipédia représente à elle seule 29,7 % des citations, de loin la source la plus citée, suivie des pages d'accueil et d'atterrissage (23,8 %) et des applications référencées sur les stores (6,6 %). En ajoutant les dictionnaires, les sites de langue et grammaire, les forums et les pages institutionnelles, Ahrefs calcule que 67 % des citations proviennent de ce qu'elle appelle des sources « off-limits » : des pages qu'une équipe marketing ne peut tout simplement pas solliciter ni produire elle-même. Mais il reste un tiers du terrain, et c'est précisément celui qu'une marque peut travailler : pages éducatives et comparatives (19,4 %), avis clients (5,8 %), actualités et presse (5,2 %), articles de blog (1,9 %).

Wikipédia29,7 %Pages d'accueil23,8 %Pages éducatives19,4 %App Store6,6 %Avis clients5,8 %Actualités5,2 %Difficile à influencer directementTerrain pour une marque
Les six premières catégories couvrent environ 90,5 % des citations : le reste se répartit entre dictionnaires, forums et pages institutionnelles (Ahrefs, octobre 2025).

« Un contenu ancien et bien installé est privilégié, comme en référencement classique »

Faux

En SEO traditionnel, l'ancienneté d'une page joue souvent en sa faveur : plus un contenu a accumulé de liens et de confiance au fil des années, mieux il se positionne. ChatGPT fonctionne à l'inverse sur ce point précis. Dans l'étude Ahrefs sur les 1 000 pages les plus citées, parmi celles dont la date de publication a pu être détectée (environ 13 % de l'échantillon), 60,5 % avaient été publiées il y a moins de deux ans. Et parmi les pages dont la date de dernière mise à jour est identifiable, 76,4 % avaient été actualisées entre un et six mois avant l'extraction des données. Un site qui dort depuis trois ans sans la moindre retouche, même bien établi, part donc avec un net désavantage face à une page plus récente, ou simplement rafraîchie, sur le même sujet.

« L'autorité du nom de domaine ne compte pas, seul le contenu compte »

Faux

C'est l'inverse qui ressort des données. Toujours dans l'étude Ahrefs sur le top 1 000 des citations ChatGPT, parmi les pages retrouvées dans les résultats de recherche classiques, le Domain Rating médian atteint 90 sur 100, et 65,3 % d'entre elles affichent un DR de 81 ou plus. Rapprochée de la deuxième idée reçue de cet article, cette donnée dessine un profil assez net : une page peut n'avoir strictement aucun mot-clé organique propre et être citée malgré tout, à condition de se trouver sur un domaine dont l'autorité globale est déjà considérable. C'est tout le site, pas seulement la page isolée, que ChatGPT semble évaluer en filigrane.

« ChatGPT décide seul, sans jamais passer par un moteur de recherche tiers »

Nuancé

La documentation d'OpenAI tranche en partie la question, sans la clore entièrement. Le centre d'aide d'OpenAI explique que ChatGPT peut s'appuyer sur des fournisseurs de recherche tiers et sur du contenu de partenaires, Bing étant le fournisseur explicitement cité. Quand une question nécessite une information récente, un classifieur interne décide de déclencher ou non une recherche web ; la requête de l'utilisateur n'est alors pas transmise telle quelle, mais retravaillée en une ou plusieurs requêtes optimisées avant d'être exécutée. ChatGPT ne construit donc pas un index totalement indépendant du reste de l'écosystème. Mais cela ne signifie pas qu'il se contente de répercuter un classement Bing préexistant : comme le montre la première idée reçue de cet article, le recoupement avec le top 10 de Bing ne dépasse pas 8,1 % pour les citations en texte de ChatGPT. La reformulation de la requête, puis la sélection et l'attribution des sources par le modèle, transforment donc largement ce que l'index de départ proposait.

Ce que ces six vérifications changent pour votre marque

Mises bout à bout, ces six idées reçues dessinent une image plus nette de la façon dont ChatGPT choisit ses sources : le classement Google ne sert pas de référence, la position actuelle sur une requête compte peu, mais l'autorité globale du domaine et la fraîcheur du contenu pèsent lourd. Les grands sites de référence dominent le volume des citations, sans occuper tout le terrain : un tiers environ reste composé de contenus qu'une marque peut produire ou obtenir elle-même, comparatifs, avis, dossiers de presse ou articles documentés.

Idée reçueVerdict
« ChatGPT recopie simplement le classement Google »Faux
« Il faut déjà un gros trafic SEO pour espérer être cité »Faux
« Wikipédia et les grands sites de référence écrasent toute chance pour une marque »Nuancé
« Un contenu ancien et bien installé est privilégié »Faux
« L’autorité du nom de domaine ne compte pas, seul le contenu compte »Faux
« ChatGPT décide seul, sans jamais passer par un moteur tiers »Nuancé

Comprendre ces critères ne répond pas à toutes les questions qui suivent naturellement. Une fois ces règles du jeu posées, une autre se pose avec l'arrivée annoncée de la publicité dans l'outil : faut-il désormais simplement payer pour apparaître dans ChatGPT, maintenant que ChatGPT Ads se prépare à arriver en France ?

Sources

Vincent Vidal

À propos de l'auteur

Vincent Vidal

Fondateur de GEO Monitor · Expert SEO & Head of Data chez AdPremier

Vincent Vidal est le fondateur de GEO Monitor, expert SEO et Head of Data au sein de l'agence AdPremier. Au quotidien, il accompagne des marques sur leur référencement naturel, leur data marketing et leur visibilité dans les moteurs de recherche et les IA génératives (ChatGPT, Gemini, Perplexity, Google AI Overview). GEO Monitor est né de ce terrain : mesurer chaque jour, sur de vraies requêtes, comment les IA parlent des marques.

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